D'après vous, pourquoi les enfants ne supportent-ils plus l'attente et/ou la frustration ?

 

 

Ce sont les réponses 1 & 3 les plus pertinentes.

 

Commentaire :

 La structure toujours rapide, toujours « fun » de l’audiovisuel et de l'activité sur le Net a un impact considérable sur notre société : l’ennemi public n° 1 est devenu l’ennui. S’il ne se passe rien de nouveau, vite et souvent, on s’ennuie ! S’il n’y a pas de changements rapides, on s’ennuie ! Si ce n’est pas « fun », on s’ennuie !

Nous ne supportons plus d’attendre. Nous pouvons acheter tout ce que nous voulons, réserver, consulter, obtenir une information, à l’instant même. La technologie vise à diminuer les temps d’attente, les files, les queues, pour acheter plus vite, payer plus vite. Comme l’application « Jefile.fr » de certaines grandes surfaces, le paiement sans contact, les reconnaissances faciales, les messageries instantanées, etc.

C’est étonnant que nous nous étonnions de l’intolérance à la frustration de nos enfants et de nos jeunes.

Comme l'exprime Didier Pleux ( "Le complexe de Thétis" ) :

« Cette frénésie tous azimuts, cette fuite en avant, cette hyperactivité généralisée cherchent à masquer la crainte principale qui agite notre époque, celle de l’ennui. L’ennui est au mieux considéré comme une perte de temps, comme l’inexploitation d’un potentiel ainsi gâché, comme un laisser-aller inacceptable. Au pire, il est vécu comme un équivalent de mort, un abîme de vide qui rendrait fou. Devant cette menace commune, le courage semble résider dans la fuite.

Les stratégies de fuite sont multiples : compétition, médicaments, drogues, dopage au quotidien, attitudes multiples de zapping. Échapper à la réalité est devenu l’obsession de tous. Échapper à la réalité pour confectionner une vie où, par une frénésie de consommation, les objets du bonheur remplacent le bonheur lui-même, où une vie réinventée et virtuelle remplace la vie réelle »

 

« On en reste à la jouissance immédiate, le plaisir différé n’intéresse plus. Seule l’éducation peut faire entendre qu’une certaine dose de déplaisir peut conduire à un plaisir plus grand que ceux immédiatement accessibles. Cette prise de conscience fondamentale passe, qu’on le veuille ou non, par la contrainte » 

 

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