Fiche de lecture du livre de Didier Pleux :

"Le complexe de Thétis"

Présentation de l'ouvrage

 

Voici un livre qui se lit comme un roman, balayant tous les âges de la vie, du nourrisson au septuagénaire. Avec un fil conducteur simple et rigoureux : la non acceptation de la frustration et des déplaisirs de la vie ne conduit ni au plaisir ni au bonheur !

 

Les premiers chapitres du livre rappellent la grande difficultés des parents à éduquer leurs enfants, à enseigner cette fameuse "tolérance aux frustrations", tant ils sont ballottés par des théories contradictoires depuis des décennies.

On y rencontrera "Sa majesté des couches", Arthur, un tout-petit de 2 ans qui donne du fil à retordre à sa maman. Puis, Béatrice qui enseigne à l'école primaire et qui s'interroge sur l'équilibre entre l'empathie et la rigueur éducative. On y rencontre aussi l'auteur au début de sa carrière d'éducateur, aux prises avec de jeunes délinquants.

 

Les chapitres suivants montrent comment la carence éducative peut exacerber l'égocentrisme et, au final, faire souffrir autrui jusqu'au déni de l'autre. Dans ces chapitres on rencontrera un père qui a du mal à intégrer la notion de carence éducative et son fils, Martial, un adolescent de 16 ans, un "Big Fucking Baby" dont il s'agira d'arrêter la toute-puissance. On y rencontrera Ludivine, aux prises avec "son roi", en passe de devenir tyran, que l'auteur confrontera sur ses comportements égocentriques avant qu'un travail de couple n'amorce les prises de conscience salvatrices. Et enfin on y rencontrera L., artiste de renom qui consulte pour ne parler que de ... lui, de sa vie de plaisirs et de son hypertrophie de l'ego !

 

Les chapitres suivants nous feront rencontrer Achille, Magali et Pierre et les colères que suscitent chez eux le comportement des autres. Puis M., diagnostiqué hyperactif, homme pressé s'il en est, qui aura bien du mal à accepter les frustrations avant de changer son mode de vie.

 

Puis deux chapitres montreront comment la fragilité devant l'acceptation des frustrations peut engendrer des pathologies plus sérieuses comme la dépression et certaines addictions. Où l'on rencontre Antoine et sa dépression du dimanche soir, qui devra réévaluer la place à donner au plaisir dans la vie, et Noël face à son début d'addiction à l'alcool qui va réussir à rééquilibrer la balance de ses plaisirs.

 

Puis deux chapitres montreront que lorsque les attentes deviennent irrationnelles (parce que démesurées au regard de la réalité), elles peuvent faire souffrir dans la vie de couple et au quotidien. Où l'on rencontre Julia et Romuald, avec leurs conflits incessants du fait de leur impulsivité et des exigences qu'ils ont l'un sur l'autre, et M. qui a du mal à se sortir d'un auto-endoctrinement négatif à propos de son frère qui a toujours eu tout mieux que lui.

 

Enfin, le dernier chapitre appréhende la plus difficile des acceptations, la finitude de la vie, avec la distinction essentielle à faire entre acceptation et résignation. C'est la rencontre avec K. qui a pris une retraite tardive et qui doit se faire à une philosophie de la vieillesse et accepter sa condition d'être humain.

 

Le livre s'ouvre et se clôt sur des échanges entre l'auteur et un psychanalyste sur le concept au cœur du livre : savoir équilibrer les plaisirs et les déplaisirs pour mieux profiter de la vie.

 

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